La Camargue, on l’a d’abord vue depuis la mer. Une ligne plate à l’horizon, presque invisible, entre le golfe de Fos et les Saintes-Maries. Rien à voir avec les calanques et les caps qu’on longe d’habitude.
Et puis on y a posé le sac, un printemps où le mistral nous bloquait au port. Trois jours plus tard, les enfants parlaient de chevaux blancs et de flamants à tous les repas. On y retourne depuis presque chaque année.
Voilà comment on organise un séjour dans le delta du Rhône : les balades à cheval, l’observation des oiseaux, les plages sauvages et les traditions qui font de la Camargue un coin à part sur la côte.
Ce qui rend la Camargue si différente
Le delta du Rhône, c’est un monde d’eau. Étangs, marais, roselières, rizières et salins s’étendent jusqu’à la mer, sur un territoire protégé par un parc naturel régional et une grande réserve naturelle.
Ici, pas de relief. Le ciel prend toute la place. Les paysages changent avec la lumière, du gris argenté du matin au rose des salins en fin de journée.
Trois animaux symbolisent le delta : le cheval Camargue, le taureau noir et le flamant rose. Tu les croises tous en quelques heures de route, souvent depuis la voiture.
À cheval dans le delta
Un cheval pas comme les autres
Le cheval Camargue est petit, robuste et toujours gris clair à l’âge adulte. Les poulains naissent foncés, puis blanchissent avec les années. Les éleveurs les laissent vivre en liberté dans les marais, en troupeaux appelés manades.
La race a failli disparaître au milieu du XXe siècle. Elle a été officiellement reconnue en 1978, et le tourisme équestre l’a beaucoup aidée à se maintenir. Les gardians, eux, continuent de la monter pour travailler avec les taureaux.
Quelle balade choisir
Les centres équestres sont nombreux autour des Saintes-Maries-de-la-Mer, le long de la route d’Arles. La plupart proposent des promenades d’une à deux heures, au pas, à travers les marais et jusqu’à la plage.
Pour une première fois, une balade au pas suffit largement. Au Marais du Vigueirat, une réserve naturelle à l’est du delta, une manade propose par exemple des promenades d’une heure à deux heures, dès 8 ans, avec casque obligatoire.
Les cavaliers confirmés peuvent viser plus long, avec une partie au galop sur le sable. On a raconté cette expérience dans notre article sur la randonnée à cheval aux Saintes-Maries.
Notre conseil : choisis un centre qui travaille avec des chevaux Camargue et qui annonce clairement le niveau demandé. Et prévois un pantalon long, même en été. Les marais sont pleins de moustiques.
Observer les oiseaux
La Camargue est un des grands sites d’oiseaux d’Europe. Des centaines d’espèces y vivent ou y passent, entre migration et nidification.
Le flamant rose est la star. Tu le vois presque toute l’année dans les étangs, souvent en grands groupes. Avec les hérons, les aigrettes, les échasses blanches et les avocettes, même un débutant remplit vite son carnet.
Le plus simple pour commencer, c’est le parc ornithologique du Pont de Gau, juste avant les Saintes-Maries. Des sentiers longent les étangs, et les oiseaux se laissent approcher de très près. Les enfants adorent.
Pour aller plus loin, avec les bons spots et les meilleures heures, regarde notre guide de la sortie observation des oiseaux en Camargue.
Les autres façons d’explorer le delta
À vélo
Le terrain plat fait de la Camargue un terrain de jeu parfait pour le vélo. La digue à la mer, entre les Saintes-Maries et le phare de la Gacholle, est réservée aux piétons et aux cyclistes. Attention au vent, qui peut transformer le retour en épreuve.
Les salins
Au sud-est du delta, Salin-de-Giraud et ses montagnes de sel offrent un paysage étonnant. L’eau des bassins prend des teintes roses selon la saison. On a détaillé la visite des salins à pied ou à vélo.
Les plages sauvages
Le littoral camarguais garde des plages immenses et peu aménagées, comme Beauduc ou Piémanson. Pas d’immeubles, pas de promenade bétonnée, juste du sable, des dunes et la mer. Prévois de l’eau et de quoi t’abriter du soleil, il n’y a rien sur place.
Traditions et saveurs camarguaises
La Camargue a gardé une culture très vivante. La course camarguaise, par exemple, n’a rien d’une corrida : des raseteurs tentent d’attraper des attributs fixés aux cornes du taureau, qui n’est pas mis à mort et rentre ensuite à la manade.
Aux Saintes-Maries-de-la-Mer, le pèlerinage des Gitans attire chaque année en mai une foule considérable. C’est un moment très fort, mais le village est alors bondé. Pour les autres fêtes du coin, regarde notre calendrier des traditions et fêtes du Sud.
Côté assiette, goûte au riz de Camargue, à la gardiane de taureau, mijotée longuement au vin rouge, et à la fleur de sel des salins. On en rapporte toujours quelques sachets à bord.
Notre programme sur trois jours
Le premier jour, arrive par Arles et descends vers les Saintes-Maries en t’arrêtant au bord des étangs pour les premiers flamants. Termine l’après-midi au parc ornithologique du Pont de Gau, quand la lumière baisse.
Le deuxième jour, monte à cheval le matin, tant qu’il fait frais. L’après-midi, enfourche un vélo sur la digue à la mer, puis reviens voir le coucher de soleil sur la plage.
Le troisième jour, file vers Salin-de-Giraud, ses salins et la plage de Piémanson. Si tu continues vers Marseille, le bac de Barcarin te fait traverser le Rhône jusqu’à Port-Saint-Louis. Avec les enfants, ce petit bac a été un des moments préférés du séjour.
Quand partir et où dormir
Le printemps et l’automne sont les meilleures saisons. Les oiseaux sont nombreux, la lumière est belle et les moustiques plus discrets. L’été, il fait chaud, les plages se remplissent et les insectes peuvent gâcher les soirées.
Pour dormir, tu as le choix entre les hôtels des Saintes-Maries, les mas camarguais transformés en chambres d’hôtes et les campings. Arles et Aigues-Mortes sont aussi de bons camps de base, avec leur patrimoine à visiter les jours de vent.
Et si tu aimes les zones humides, d’autres étangs méditerranéens valent le voyage. Plus à l’ouest, on a adoré observer les oiseaux migrateurs de Leucate.
Notre avis
La Camargue demande un peu de patience. Elle ne se livre pas en une demi-journée depuis la voiture. Il faut se lever tôt, marcher au bord des étangs, monter à cheval, attendre que les flamants s’envolent.
Donne-lui trois jours, au printemps ou en automne. Tu repartiras avec des images de chevaux blancs dans l’eau et de ciel immense que tu ne trouveras nulle part ailleurs sur la côte.
Questions fréquentes
Combien de jours prévoir pour un séjour en Camargue ?
Trois jours permettent de faire une balade à cheval, d’observer les oiseaux, de visiter les salins et de profiter d’une plage sauvage. Un week-end suffit pour un premier aperçu autour des Saintes-Maries-de-la-Mer.
Où faire une balade à cheval en Camargue ?
Les centres équestres sont nombreux autour des Saintes-Maries-de-la-Mer. Le Marais du Vigueirat propose aussi des promenades au pas, dès 8 ans. Choisis une durée d’une à deux heures pour une première fois.
Quelle est la meilleure saison pour visiter la Camargue ?
Le printemps et l’automne. Les oiseaux sont nombreux, il fait doux et les moustiques sont moins présents qu’en été.
Où voir des flamants roses en Camargue ?
Tu les vois presque toute l’année dans les étangs du delta. Le parc ornithologique du Pont de Gau, près des Saintes-Maries-de-la-Mer, permet de les approcher facilement.




