Dix étés à bord de Lou Gabian, notre voilier de 10 mètres, ça laisse le temps de se faire un avis. On a mouillé devant des îles qui nous ont déçus et devant d’autres où on serait restés un mois de plus si l’école ne reprenait pas.
Ce classement, c’est le nôtre. Celui d’une famille de Toulon qui voyage avec deux enfants, un budget raisonnable et une vraie allergie aux files d’attente.
On ne te promet pas des plages vides en plein mois d’août. Par contre, on te dit pour chaque île ce qui vaut le détour, à quel moment y aller et ce qui peut coincer une fois sur place.
Comment on a fait notre choix
Deux questions nous ont servi de filtre. Est-ce qu’on y retournerait demain ? Et est-ce que l’île a autre chose à offrir que du sable, quand le vent se lève et que la baignade devient compliquée ?
Résultat : des grandes îles où l’on peut passer deux semaines sans s’ennuyer, et quelques petites qu’on fait en deux jours mais qu’on n’oublie pas.
Les grandes îles, pour un séjour long
1. La Corse, la montagne dans la mer
On est un peu chauvins, on l’avoue. Mais la Corse reste l’île qui nous surprend le plus à chaque passage. Le matin, tu peux nager dans une crique de granit rose, et l’après-midi marcher dans une forêt de pins laricio à mille mètres d’altitude.
Les calanques de Piana, vues depuis la mer en fin de journée, valent à elles seules la traversée. Le golfe de Porto est classé au patrimoine mondial de l’Unesco avec la réserve de Scandola, et on comprend pourquoi en le longeant au moteur. Si tu prépares ton premier séjour, notre guide pour préparer un séjour en Corse t’aidera à découper l’île par régions.
Ce qui coince : les routes sont lentes, et en juillet les ferries se remplissent vite. Réserve tôt.
2. La Sardaigne, pour l’eau la plus claire
La première fois qu’on a jeté l’ancre dans l’archipel de La Maddalena, les enfants ont cru que le fond était à un mètre. Il y en avait six. L’eau du nord-est de la Sardaigne a cette transparence qu’on ne retrouve pas souvent ailleurs.
Le sud est plus sauvage, plus long à parcourir, avec de grandes plages de dunes et moins de monde. Entre les deux, l’intérieur cache des nuraghes, ces tours de pierre de l’âge du bronze. Celui de Barumini est inscrit à l’Unesco. Pour trancher entre les deux côtes, on a détaillé le match dans notre article sur le nord et le sud sardes.
3. La Crète, une île qui fait presque pays
La Crète est immense. Compte au moins une semaine si tu veux sortir des zones balnéaires du nord. Les gorges de Samaria se descendent à pied sur une bonne journée, et la plage d’Elafonissi, avec son sable aux reflets roses, mérite un réveil matinal.
On y a surtout aimé les villages de l’intérieur et la cuisine, simple et généreuse. Notre itinéraire crétois sur sept jours donne une boucle réaliste, sans passer ses vacances au volant.
4. Majorque et Minorque, deux tempéraments
Majorque a mauvaise réputation chez ceux qui ne connaissent que ses grandes stations. Monte dans la Serra de Tramuntana, classée par l’Unesco, et tu changes d’avis en une matinée. Palma, avec sa cathédrale posée face à la baie, se visite très bien à pied.
Minorque est plus calme. L’île est réserve de biosphère, et le Camí de Cavalls, un sentier qui en fait le tour, relie des criques qu’on rejoint uniquement à pied ou par la mer. Pour organiser une semaine sur la grande sœur, on a rédigé un programme jour par jour à Majorque.
5. Chypre, la plus orientale
Chypre joue une autre partition. Plus chaude, plus tardive aussi : on s’y baigne encore très bien en octobre. Les églises peintes du massif du Troodos sont classées à l’Unesco, et la péninsule d’Akamas reste l’un des coins les plus sauvages de l’île.
Un point à savoir avant de partir : l’île est divisée, et le passage entre le sud et le nord se fait par des points de contrôle.
Les petites îles, pour deux ou trois jours
6. Porquerolles, notre île de cœur
Forcément, c’est notre jardin. Porquerolles se rejoint en une vingtaine de minutes de bateau depuis la Tour Fondue, sur la presqu’île de Giens. Les voitures des visiteurs n’y entrent pas, alors tout se fait à vélo ou à pied, sous les pins.
La plage Notre-Dame, au nord, reste notre préférée tôt le matin. En août, vise plutôt les jours de semaine.
7. Gozo, le calme à côté de Malte
Gozo est à une vingtaine de minutes de ferry de Malte, et l’ambiance change du tout au tout. Moins de béton, des falaises, des marais salants à Qbajjar et la plage de Ramla, au sable orangé. La citadelle de Victoria domine toute l’île.
Si tu combines les deux îles, notre séjour de quatre jours à Malte laisse une journée entière à Gozo.
8. Hydra, l’île sans voitures
Sur Hydra, pas de véhicules à moteur pour circuler. Les ânes et les mulets portent les bagages dans les ruelles en escalier. Le port, entouré de maisons en pierre grise, est l’un des plus beaux qu’on ait vus en Grèce.
Pour nous, marins, il a un défaut : il est minuscule et souvent plein. On y vient tôt, ou on reste au large.
9. Capri, pour un jour hors du temps
Capri est chère, chic et bondée en été. Et pourtant on y revient. La Grotte Bleue se visite en petite barque, allongé au fond pour passer l’entrée basse. Quand la mer est formée, l’accès est fermé, donc garde une marge dans ton programme.
Le plus beau moment, c’est le soir, quand les bateaux de visiteurs repartent vers Naples et Sorrente. Sofia, qui a grandi en partie à Naples, nous a convaincus de dormir sur place au moins une nuit.
10. Djerba, la Méditerranée du sud
Djerba sort du lot. Plate, lumineuse, avec des mosquées blanches dispersées dans la campagne et un grand souk à Houmt Souk. L’île a été inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco en 2023 pour son mode d’occupation du territoire, très particulier.
On y va plutôt au printemps ou à l’automne. En plein été, la chaleur est rude pour les enfants.
Quelle île choisir selon ton voyage
Si tu veux marcher autant que nager, pars en Corse ou en Crète. Pour l’eau la plus claire, la Sardaigne et Minorque gagnent. Et pour un long week-end, Porquerolles, Gozo ou Hydra suffisent largement.
Pour un premier voyage, on conseille souvent une île facile d’accès, avec des transports simples et des distances courtes. On a creusé la question dans notre article pour choisir sa première île.
Dernier conseil de navigateurs : la Méditerranée est bien plus douce en juin et en septembre. Les prix baissent, l’eau reste bonne, et les mouillages redeviennent respirables.
Avec les enfants, on a vite compris que ces deux mois valaient tous les mois d’août du monde.
Questions fréquentes
Quelle est la plus belle île de la Méditerranée ?
Ça dépend de ce que tu cherches. Pour mêler montagne et plages, la Corse et la Crète sont très fortes. Pour l’eau la plus claire, la Sardaigne et Minorque sortent du lot.
Quelle île méditerranéenne visiter sans voiture ?
Porquerolles et Hydra se parcourent sans voiture, à vélo ou à pied. Gozo et Malte se visitent bien en bus et en taxi. Pour les grandes îles comme la Corse ou la Crète, une voiture reste presque indispensable.
Quand partir pour profiter des îles sans la foule ?
Juin et septembre offrent le meilleur compromis entre mer chaude et fréquentation raisonnable. Chypre et la Crète restent agréables jusqu’en octobre. En août, privilégie les débuts de matinée et les jours de semaine.
Quelle petite île faire en un week-end depuis la France ?
Porquerolles se rejoint en une vingtaine de minutes de bateau depuis la presqu’île de Giens. Les îles de Lérins, au large de Cannes, sont aussi faciles d’accès pour une journée ou deux.




