Vue depuis la mer, Positano ressemble à une pile de maisons ocre et roses qui dégringole jusqu’à une bande de sable gris. Cette bande, c’est la Spiaggia Grande. Sofia y venait gamine avec ses cousins de Naples, et la première fois qu’on y a mouillé avec Lou Gabian, elle a lâché : « Rien n’a bougé, sauf le prix des transats. »
La plage fait environ 300 mètres de long. Elle attire un monde fou en été, et elle vaut quand même le détour, à condition de savoir t’y prendre. On te raconte ce qu’on a appris à force d’y revenir.
À quoi ressemble la Spiaggia Grande
Oublie le sable blond. Ici, c’est un mélange de sable sombre et de petits galets, typique de la côte amalfitaine. Ça chauffe vite sous le soleil d’août, donc des sandales en plastique te sauveront la plante des pieds.
Derrière toi, le village grimpe en terrasses jusqu’à la falaise. Juste au-dessus du sable, la coupole en majolique verte, jaune et bleue de l’église Santa Maria Assunta sert de repère depuis le large. Quand on arrive en bateau, c’est elle qu’on cherche en premier.
Au loin, vers le sud-ouest, tu aperçois les îlots de Li Galli. L’archipel appartient à des propriétaires privés, on ne débarque pas, mais beaucoup de bateaux d’excursion en font le tour.
Plage libre ou établissement : comment ça marche
La Spiaggia Grande se partage entre des établissements balnéaires, les fameux lidi, et une portion de plage en accès libre. Les lidi louent transats et parasols à la journée, avec service de boissons et douches. La partie libre, elle, se remplit en premier.
Les tarifs des transats changent selon la saison et la rangée. Au premier rang en plein mois d’août, la note grimpe vite, plus vite que sur la plupart des plages de la Côte d’Azur. Demande le prix avant de t’installer, ça évite la mauvaise surprise au moment de partir.
Avec les enfants, on a vite compris une chose : sur la plage libre, celui qui arrive en milieu de matinée ne trouve plus qu’un coin de galets coincé entre deux serviettes.
Si tu tiens à ta place gratuite, viens tôt avec ton parasol.
Comment rejoindre la plage
À pied depuis le village
Positano se visite à pied, et surtout en pente. Depuis la route principale, des escaliers et des ruelles étroites descendent jusqu’à la plage en passant devant les boutiques de lin et de céramique. Compte une bonne vingtaine de minutes depuis le haut du village, et pense au retour : ça grimpe sec.
Si tes jambes protestent, un petit bus local fait la boucle dans le village. Il t’épargne une partie de la montée en plein cagnard.
En voiture
On va être francs, venir en voiture jusqu’à la plage en été est une mauvaise idée. La route côtière est étroite, les bus s’y croisent au millimètre, et les parkings du village coûtent cher à l’heure. Si tu loges ailleurs sur la côte, laisse la voiture et prends le bus ou le bateau.
Par la mer
C’est notre façon préférée d’arriver, et pas seulement parce qu’on vit l’été sur un voilier. En saison, des ferries relient Positano à Amalfi, Salerne, Sorrente et Capri, et ils accostent au ponton qui prolonge la plage. Tu descends du bateau, tu fais trois pas, tu as les pieds dans le sable.
Pour le trajet complet depuis l’aéroport de Naples, entre bus, trains et bateaux, on a tout détaillé dans notre guide pour rejoindre et dormir sur la côte amalfitaine.
Quand y aller pour éviter la cohue
En juillet et en août, la Spiaggia Grande déborde de la fin de matinée jusqu’au milieu d’après-midi. Les bateaux d’excursion débarquent des groupes entiers, et le ponton prend des airs de quai de gare un jour de grand départ.
Deux créneaux sauvent la journée. Le matin tôt, quand les employés des lidi alignent encore les transats et que l’eau est lisse comme une assiette. Et la fin d’après-midi, quand les excursionnistes rembarquent et que la lumière rasante dore les façades.
Mai, juin et septembre restent nos mois préférés. L’eau est déjà bonne en juin, et en septembre elle a stocké la chaleur de tout l’été. On a écrit un article entier sur la façon d’échapper à la foule en plein été, et Positano en est un cas d’école.
Se baigner, sortir en bateau, marcher
La plage descend assez vite. Quelques mètres après le bord, tu n’as déjà plus pied, ce qui plaît aux nageurs mais demande un œil attentif sur les petits.
Sur le sable, plusieurs loueurs proposent des bateaux avec ou sans skipper, et des sorties vers Li Galli, les grottes de la côte ou Capri. En Italie, un petit bateau à moteur de faible puissance se loue sans permis, ce qui te laisse longer la côte à ton rythme. On l’a fait une année où Lou Gabian était au chantier, et les enfants en parlent encore.
Pour marcher, deux options. La plus simple part du bout ouest de la plage : un chemin taillé dans la falaise mène en une dizaine de minutes à la plage de Fornillo, plus calme et plus familiale. L’autre demande une vraie journée, c’est le Sentier des Dieux, qui court au-dessus de Positano entre Bomerano et Nocelle.
Si la marche avec vue sur la mer te parle, on a rassemblé d’autres sentiers côtiers avec vue sur la mer autour de la Méditerranée.
Manger et boire autour de la plage
Le front de mer aligne restaurants et bars avec terrasse au bord du sable. La vue se paie, c’est clair. Une assiette de spaghetti alle vongole face aux bateaux coûtera nettement plus cher qu’à deux ruelles de là.
Notre réflexe : déjeuner léger près de la plage, puis remonter le soir dans le village pour trouver une trattoria plus discrète. Sofia commande toujours des scialatielli aux fruits de mer, une pâte fraîche typique de la côte, et elle a rarement été déçue.
Le soir, l’ambiance reste plutôt chic et calme. Ne compte pas sur des nuits de fête sur le sable. On boit un verre en regardant les lumières du village s’allumer une à une sur la pente, et franchement, ça nous va très bien.
Ce qu’on met dans le sac
- Des sandales d’eau, parce que le sable sombre brûle et que les galets font mal.
- Un parasol si tu vises la plage libre, l’ombre naturelle n’existe pas ici.
- Le billet de ferry du retour acheté à l’avance en plein été, les derniers bateaux partent souvent pleins.
- De bonnes chaussures pour remonter, surtout avec des enfants fatigués sur les épaules.
Positano dans un voyage plus large
La Spiaggia Grande n’est qu’une étape. Amalfi, Ravello et Praiano sont tout proches par la route ou par la mer, et chacun a son caractère. Si tu aimes ces villages accrochés à la roche, on en a sélectionné d’autres parmi les villages les plus photogéniques au bord de l’eau.
Côté nature sauvage, d’autres plages font mieux. Ici, tu viens chercher ce décor de village vertical qu’on ne retrouve presque nulle part ailleurs. Pour comparer avec des criques plus préservées, jette un œil à notre sélection des plus belles plages de Méditerranée.
Notre conseil tient en une ligne : arrive tôt, repars tard, et garde le cœur de la journée pour une sieste à l’ombre d’une ruelle.
Questions fréquentes
La Spiaggia Grande de Positano est-elle gratuite ?
En partie. Une portion de la plage reste en accès libre, le reste est occupé par des établissements qui louent transats et parasols. En été, la partie libre se remplit dès la matinée.
Comment aller à la Spiaggia Grande depuis Amalfi ?
En saison, le plus simple est le ferry, qui accoste au ponton de la plage. Sinon, le bus qui longe la côte te dépose en haut du village et tu descends à pied par les escaliers.
Peut-on se baigner avec des enfants à la Spiaggia Grande ?
Oui, mais garde un œil sur eux, car le fond descend assez vite et le sol mêle galets et sable grossier. La plage de Fornillo, à une dizaine de minutes à pied, est souvent plus calme pour les familles.
Quel est le meilleur mois pour profiter de la plage ?
Juin et septembre offrent une eau agréable et beaucoup moins de monde qu’en août. Mai reste possible si une eau plus fraîche ne te fait pas peur.




