Castillet de Perpignan : histoire, musée Casa Pairal et panorama

20 mars 2026

Cent quarante-deux marches. C’est ce qui sépare la place de la Victoire du sommet du Castillet, et c’est le chiffre que nos enfants répètent chaque fois qu’on parle de Perpignan. Ils les ont comptées à voix haute, une par une, jusqu’à la terrasse.

Le Castillet, c’est la grosse tour de briques rouges qu’on voit sur toutes les cartes postales de la ville. On s’y arrête presque à chaque fois qu’on descend vers Collioure ou l’Espagne, quand on laisse Lou Gabian dans un port de la côte pour quelques jours à terre. Une ancienne porte fortifiée, une prison, un musée, et surtout la plus belle vue sur Perpignan.

Une porte fortifiée devenue symbole

À l’époque de sa construction, Perpignan fait partie de la couronne d’Aragon. Le Castillet est construit à partir de 1368, en briques et en marbre de Baixas, pour servir de porte à la ville et de point de défense.

Un siècle plus tard, sous Louis XI, l’édifice est transformé. Il gagne sa terrasse actuelle et sa tourelle de brique coiffée d’une coupole, celle qui lui donne aujourd’hui sa silhouette si reconnaissable. La porte Notre-Dame, juste à côté, date de la même époque.

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, le Castillet devient une prison. Il sert ensuite de garnison, puis accueille des sociétés savantes. Au début du XXe siècle, les remparts de Perpignan sont détruits pour laisser la ville s’étendre. Le Castillet, lui, reste debout, seul témoin de l’ancienne enceinte. Il est classé monument historique depuis 1889.

Pour les Perpignanais, c’est plus qu’un monument. C’est le lieu de ralliement de tous les grands moments de la ville, fêtes, victoires sportives, manifestations. Quand l’USAP gagne, c’est au pied du Castillet que ça se fête.

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Le musée Casa Pairal, la mémoire catalane

À l’intérieur, la tour abrite la Casa Pairal, le musée des arts et traditions populaires catalans. Il a ouvert en 1963, avec une première présentation conçue par Georges Henri Rivière, le grand nom des musées d’ethnographie en France. Il porte l’appellation « Musée de France » depuis 2002.

Le nom veut dire « la maison des ancêtres » en catalan, et c’est exactement ce que tu y trouves. Mobilier, outils agricoles, costumes, objets religieux, instruments de musique. La reconstitution d’une cuisine de mas, gardée lors de la rénovation de 2014, a beaucoup plu à nos enfants. Sofia, elle, a retrouvé des objets qui ressemblaient à ceux de sa grand-mère napolitaine. Les cultures méditerranéennes se répondent plus qu’on ne le croit.

Le premier étage retrace l’histoire de la ville. Les étages supérieurs accueillent des expositions temporaires. Jusqu’en juin 2027, l’exposition « Culture et traditions populaires en Roussillon » présente les géants, les correfocs et les capgrossos qui animent les fêtes catalanes.

La flamme du Canigó

C’est le détail qu’on préfère, et peu de visiteurs le connaissent. Le Castillet conserve toute l’année une flamme. Chaque mois de juin, elle est montée au sommet du Canigó, la montagne sacrée des Catalans, pour y être régénérée. Puis elle redescend dans les villages pour allumer les feux de la Saint-Jean, de part et d’autre de la frontière.

Si tu es à Perpignan autour du 23 juin, ne rate pas l’arrivée de la flamme au pied du Castillet. C’est une fête populaire, sans artifice touristique, où la ville se retrouve.

Le panorama depuis le sommet

On y revient : 142 marches, par un escalier en colimaçon assez étroit. Rien d’insurmontable, mais prévois de bonnes chaussures et de la patience quand tu croises quelqu’un qui descend.

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En haut, la récompense est immédiate. Tu as une vue à 360 degrés sur les toits du centre ancien, la plaine du Roussillon et, par temps clair, le massif du Canigó qui barre l’horizon. On a mis un moment avant de repérer la mer, tout au fond vers l’est. Julien jure qu’il a vu un voilier. On n’a jamais su si c’était vrai.

Pour une visite vraiment différente, la Nuit européenne des musées, en mai, est l’une des rares occasions d’assister au coucher du soleil depuis la tour.

Quand visiter le Castillet

Le printemps et l’automne sont parfaits. Il fait doux, la lumière est belle sur la brique, et la montée des marches ne tourne pas au sauna. En plein été, vise l’ouverture du matin : le haut de la tour chauffe vite et la place de la Victoire se remplit dès la fin de matinée.

En hiver, profite des journées de tramontane. Le vent froid chasse la brume, et c’est là que le Canigó enneigé se découpe le mieux depuis la terrasse. Couvre-toi bien, ça souffle fort là-haut.

Infos pratiques

  • Le Castillet et le musée sont gratuits le premier dimanche de chaque mois.
  • L’entrée est gratuite toute l’année pour les moins de 26 ans, sur présentation d’une pièce d’identité.
  • Les horaires changent selon la saison : vérifie-les sur le site de l’office de tourisme avant de venir.
  • L’escalier n’est pas accessible aux personnes à mobilité réduite ni aux poussettes.

Compte une heure pour le musée et la montée. Un peu plus si tu prends le temps de lire et de profiter de la terrasse.

Autour du Castillet

Le Castillet est au départ de toutes les balades dans le centre de Perpignan. La place de la Victoire, à ses pieds, accueille les grands événements de l’année, de la fête de la musique aux soirées son et lumière, sans oublier la grande roue de Noël.

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Juste derrière, les ruelles commerçantes mènent vers la rue Paratilla et ses épiceries fines, où on fait toujours le plein de charcuterie catalane et de fromages avant de reprendre la route.

À quelques minutes à pied, la cathédrale Saint-Jean-Baptiste et ses retables vaut le détour, tout comme le cloître-cimetière voisin.

Plus au sud, sur sa colline, le palais des Rois de Majorque raconte l’époque où Perpignan était capitale d’un royaume. C’est le complément logique du Castillet.

Si tu préfères l’architecture plus récente, le boulevard Wilson et ses façades Art nouveau montre la ville construite après la démolition des remparts.

Combiner Perpignan et la côte

Perpignan se combine très bien avec la côte catalane. En une demi-heure de route, tu rejoins Collioure, Port-Vendres ou Banyuls. On a pris l’habitude de passer une journée en ville avant de repartir vers la mer, et les enfants réclament désormais le Castillet à chaque passage.

Pour la suite du séjour, on te conseille notre article sur un séjour à Collioure, le port le plus photogénique de la côte Vermeille.

Questions fréquentes

Combien de marches pour monter au sommet du Castillet ?

Il faut gravir 142 marches par un escalier en colimaçon assez étroit. Au sommet, la terrasse offre une vue à 360 degrés sur Perpignan, la plaine du Roussillon et le Canigó.

Le Castillet est-il gratuit ?

L’entrée est gratuite le premier dimanche de chaque mois pour tout le monde. Elle est aussi gratuite toute l’année pour les moins de 26 ans, sur présentation d’une pièce d’identité.

Que voit-on dans le musée Casa Pairal ?

Le musée présente l’histoire de Perpignan et les arts et traditions populaires catalans : mobilier, outils, costumes, objets de fête. Les étages supérieurs accueillent des expositions temporaires.

Qu’est-ce que la flamme du Canigó conservée au Castillet ?

Le Castillet garde toute l’année une flamme qui est montée au sommet du Canigó en juin pour être régénérée. Elle sert ensuite à allumer les feux de la Saint-Jean dans les villages catalans.

Sources

Camille D– Fondatrice du site

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