Pas de portes, une capote en toile, un petit moteur qui ronronne dans les virages et l’odeur des pins qui entre de partout. La Méhari, c’est la voiture des vacances dans le Var. Toulonnais depuis toujours, on en a vu passer des centaines sur la corniche des Maures, et on a fini par en louer une, un été où Lou Gabian était au chantier.
Le littoral varois se prête parfaitement à ce genre de balade lente. Voici l’itinéraire qu’on conseille, les choses à savoir sur la voiture elle-même, et les pièges qu’on a découverts en route.
La Méhari, une voiture de plage depuis 1968
Citroën a présenté la Méhari en mai 1968. Sa carrosserie en plastique ABS, posée sur la base de la Dyane 6, la rendait légère, increvable et facile à laver au jet. Elle a été produite jusqu’en 1987, à près de 145 000 exemplaires.
Très vite, elle est devenue la voiture des plages, des vignes et des campings. Sur la presqu’île de Saint-Tropez, elle fait encore partie du décor, au même titre que les pins parasols et les cabanons.
Aujourd’hui, les modèles qui circulent ont tous plusieurs décennies. Certains loueurs proposent aussi des versions électriques au look proche. Dans les deux cas, l’esprit reste le même : rouler lentement, cheveux au vent, en profitant du paysage.
Louer une Méhari dans le Var
On trouve des loueurs surtout autour du golfe de Saint-Tropez et dans quelques stations du littoral. L’offre change d’une saison à l’autre, et le parc de voitures reste limité. En juillet et en août, réserve longtemps à l’avance.
Avant de signer, vérifie trois points :
- la franchise en cas de dégât, souvent élevée sur ces véhicules de collection,
- le kilométrage inclus, pour savoir jusqu’où tu peux aller,
- la possibilité de fermer la capote, utile en cas d’averse ou pour laisser la voiture garée.
Pense aussi au permis. Une Méhari se conduit avec un permis B classique, mais la boîte est manuelle et la conduite demande un temps d’adaptation.
L’itinéraire qu’on conseille
Notre parcours préféré relie Hyères à Saint-Tropez par la côte. Compte une journée entière avec les arrêts, sans chercher à aller vite.
Hyères et la presqu’île de Giens
Commence au sud d’Hyères, sur la route du Sel. Elle file entre les salins et la mer jusqu’à la presqu’île de Giens, avec des flamants roses de chaque côté. Attention, elle est fermée à la circulation une partie de l’année, renseigne-toi avant de partir.
Bormes-les-Mimosas et Le Lavandou
Ensuite, direction l’est. Le village perché de Bormes-les-Mimosas mérite un arrêt pour ses ruelles fleuries et sa vue sur la rade. On le présente plus en détail dans notre fiche sur le village de Bormes-les-Mimosas.
Au pied du village, Le Lavandou marque le début de la corniche des Maures. La route longe alors la côte en épousant chaque crique.
La corniche des Maures
Entre Le Lavandou et Cavalaire, la route littorale traverse Saint-Clair, Aiguebelle, Cavalière et Le Rayol-Canadel. C’est la plus belle partie du trajet en Méhari. La mer apparaît entre les pins à chaque virage, et les plages se succèdent.
Au Rayol-Canadel, fais une pause au Domaine du Rayol, un grand jardin méditerranéen protégé par le Conservatoire du littoral, qui descend jusqu’à la mer. Avec les enfants, on y a passé deux heures sans voir le temps filer, entre les plantes venues du monde entier et la petite plage en bas.
Pour une vue plus haute, monte au col du Canadel par la route des crêtes. Le panorama sur les îles d’Or est superbe. Mais la route est étroite et sinueuse, et la Méhari peine un peu dans les montées. Prends ton temps et laisse passer les voitures pressées.
Si tu aimes ce genre de routes, on en a sélectionné d’autres dans notre article sur les routes panoramiques de la Méditerranée.
La presqu’île de Saint-Tropez
Après Cavalaire et La Croix-Valmer, la route s’enfonce dans les vignes de la presqu’île. Ramatuelle domine la baie de Pampelonne, et c’est là que la Méhari prend tout son sens. Garée sur un parking de plage au milieu des vignes, elle semble chez elle.
Pour choisir ton coin de sable, lis notre article sur la plage de Pampelonne et ses accès.
Le soir, finis à Saint-Tropez. Le musée de la Gendarmerie et du Cinéma, installé dans l’ancienne gendarmerie, rappelle les films tournés dans la ville. Une étape amusante pour les enfants qui ont vu les comédies du Gendarme.
Ce qu’on ne te dit pas sur la Méhari
La Méhari, c’est charmant. C’est aussi une voiture d’un autre temps, avec des défauts qu’il vaut mieux connaître avant.
- Le soleil tape fort. Sans toit, tu passes la journée exposé. Chapeau, crème solaire et lunettes sont obligatoires, surtout pour les enfants à l’arrière.
- Rien ne ferme vraiment. Ne laisse aucun objet de valeur dans la voiture quand tu te gares.
- Elle n’aime ni les autoroutes ni les fortes côtes. Reste sur les petites routes.
- Le bruit et le vent rendent les conversations difficiles au-delà de 70 km/h.
- En été, la circulation sur la presqu’île de Saint-Tropez peut être très dense. Pars tôt le matin.
La première fois, on est partis à 11 h. Grosse erreur. On a passé une heure dans les bouchons vers Saint-Tropez, en plein soleil, sans climatisation. Le lendemain, départ à 8 h, et la corniche était à nous.
Que mettre dans la Méhari
Le coffre est minuscule et ne ferme pas à clé. On voyage donc léger : un sac de plage, des serviettes, une glacière souple et de l’eau en quantité. Une petite trousse avec un foulard pour les cheveux et un coupe-vent sauve la fin de journée, quand le vent se lève sur la corniche.
Prévois aussi un pique-nique. Sur la corniche, les plages ont souvent un snack en saison, mais les arrêts les plus jolis sont parfois les plus sauvages.
Quand partir
Juin et septembre sont les meilleurs mois. Il fait beau, la mer est bonne et les routes sont beaucoup plus fluides qu’en été. En juillet et en août, la balade reste possible, à condition de rouler tôt et de s’arrêter aux heures chaudes.
Au printemps, la côte est verte et fleurie, et le mimosa illumine Bormes en fin d’hiver. Mais les journées peuvent être fraîches dans une voiture sans portes. Prévois une veste.
D’autres façons de longer la côte
Si la Méhari n’est pas disponible ou si tu préfères faire un peu de sport, le littoral varois se parcourt aussi très bien à deux roues. Une piste cyclable longe une bonne partie de la côte entre Hyères et le golfe de Saint-Tropez. On l’a décrite dans notre article sur la balade à vélo électrique sur le littoral varois.
Et si tu veux aller plus loin, la côte se poursuit vers Sainte-Maxime, Saint-Raphaël et l’Estérel. Mais pour nous, la Méhari reste attachée à ce tronçon entre Hyères et Saint-Tropez, celui des pins, des criques et des vignes.
Questions fréquentes
Où louer une Méhari dans le Var ?
Les loueurs se trouvent surtout autour du golfe de Saint-Tropez et dans quelques stations du littoral varois. Le nombre de voitures est limité, alors réserve tôt en été. Certains proposent aussi des versions électriques.
Faut-il un permis spécial pour conduire une Méhari ?
Non, le permis B suffit. La boîte est manuelle et la conduite demande un temps d’adaptation, surtout dans les côtes. Vérifie aussi la franchise du contrat de location.
Quel itinéraire faire en Méhari sur la côte varoise ?
Le plus beau trajet relie Hyères à Saint-Tropez par Bormes-les-Mimosas, Le Lavandou et la corniche des Maures. Compte une journée complète avec les arrêts baignade et les pauses dans les villages.
Quelle est la meilleure période pour une balade en Méhari ?
Juin et septembre offrent du beau temps et des routes moins chargées. En plein été, pars tôt le matin pour éviter la chaleur et les bouchons vers Saint-Tropez.




