Cannes n’a pas commencé sur la Croisette. Elle a commencé là-haut, sur une petite colline au-dessus du port, autour d’une tour de guet construite par des moines. Ce bout de ville s’appelle le Suquet, et c’est l’endroit où on emmène tous nos amis qui pensent que Cannes se résume aux palaces.
La première fois, on y est montés un soir de juillet, après une journée de navigation, juste pour trouver un endroit où dîner. On est redescendus deux heures plus tard avec l’impression d’avoir découvert une autre ville. Voici comment profiter du quartier.
Le berceau de Cannes
Le nom vient de l’occitan et désigne une petite hauteur, un monticule. C’est exactement ce qu’est le Suquet : une butte qui domine la baie.
L’histoire du quartier est liée aux moines de l’abbaye de Lérins, installés sur l’île Saint-Honorat juste en face. Vers 1030, des terres leur sont cédées sur le continent. Ils y bâtissent un château et un village fortifié, dont la grande tour carrée commence à s’élever vers la fin du XIe siècle.
Pendant des siècles, Cannes reste un petit bourg de pêcheurs serré autour de cette colline. La ville moderne, celle des hôtels et des villas, ne s’étend vers l’est qu’à partir du XIXe siècle.
Quand tu montes au Suquet, tu marches donc dans le Cannes d’origine.
Les ruelles et la montée
On grimpe au Suquet à pied, par des rues pavées assez raides. La plus connue, la rue Saint-Antoine, part du bas du quartier et monte en lacets entre les façades colorées. Elle est bordée de restaurants presque d’un bout à l’autre.
Prends ton temps. Les ruelles transversales sont souvent plus jolies que l’axe principal : escaliers, linge aux fenêtres, chats qui dorment sur les marches. On s’y perd facilement, mais tout finit par monter vers l’église.
Avec des enfants petits, laisse la poussette en bas. Entre les pavés et les marches, tu vas la porter plus que la pousser.
Ce qu’il y a à voir en haut
L’église Notre-Dame-d’Espérance
Construite au XVIe siècle, l’église domine l’esplanade du sommet. Sa façade et son clocher se voient depuis toute la baie. On a écrit un article complet sur la visite de l’église Notre-Dame-d’Espérance, avec son histoire et son décor.
Le parvis, lui, sert de belvédère. C’est l’un des meilleurs points de vue sur la ville.
Le musée des Explorations du monde et la tour
Juste à côté, l’ancien château des moines de Lérins abrite un musée longtemps appelé musée de la Castre, rebaptisé musée des Explorations du monde. Il réunit des collections d’archéologie méditerranéenne, d’ethnologie et d’arts venus de loin, avec un fonds orientaliste et des pièces d’art iranien.
Dans la chapelle Sainte-Anne, ne rate pas la grande collection d’instruments de musique du monde entier, ni la Judith et Holopherne d’Artemisia Gentileschi.
Mais le clou, pour nous, c’est la tour médiévale. Il faut grimper 109 marches. En haut, tout Cannes s’étale à tes pieds, la Croisette, le port, les îles de Lérins et l’Estérel. Les enfants ont compté chaque marche à voix haute, et pas une fois ils ne se sont plaints de la montée.
La tour accueille quinze personnes à la fois, pour quinze minutes. Prévois un peu d’attente en haute saison. Le musée ferme le lundi hors saison, et il lui arrive de fermer pour travaux, comme à l’automne 2026. Vérifie les horaires sur le site de la ville avant de monter.
La vue sur la baie
Même sans entrer au musée, l’esplanade suffit à justifier la montée. Le soir, quand le soleil passe derrière l’Estérel, toute la baie vire à l’orange. On a vu ce coucher de soleil depuis le pont du bateau et depuis le Suquet, et franchement, la colline gagne.
Manger au Suquet
Le quartier concentre une bonne partie des restaurants du vieux Cannes. La rue Saint-Antoine en est l’axe, avec des terrasses souvent serrées et des cartes très provençales : poissons, petits farcis, pâtes aux fruits de mer.
La qualité varie beaucoup d’une adresse à l’autre. Notre méthode : éviter les cartes plastifiées en six langues, regarder ce que mangent les gens attablés, et préférer une carte courte qui change avec le marché. Réserve le soir en été, les bonnes tables se remplissent vite.
Pour un repas plus simple, descends au marché Forville.
Le marché Forville, au pied de la colline
Créé à la fin du XIXe siècle, le marché Forville est le marché couvert de Cannes. C’est là que les cuisiniers du coin viennent faire leurs courses le matin : primeurs, fromages, poissons, fleurs.
On y passe systématiquement quand on fait escale à Cannes. Sofia achète de quoi remplir la glacière du bateau, Julien repart avec des fougasses. Va-y le matin, l’après-midi les étals ont déjà bien fondu.
Les Nuits musicales du Suquet
Chaque été, le parvis de l’église accueille les Nuits musicales du Suquet, une série de concerts en plein air. La musique, l’église éclairée et la baie en contrebas forment un décor difficile à battre.
Les places partent vite. Si tes dates tombent pendant le festival, réserve en avance.
Quand venir au Suquet
En plein été, la montée en début d’après-midi est une mauvaise idée. Les ruelles retiennent la chaleur et l’esplanade du sommet offre peu d’ombre. Vise le matin, avant 11 h, ou la fin de journée, quand la brise de mer remonte enfin la colline.
Le printemps et l’automne restent nos saisons préférées. Les terrasses sont ouvertes, la lumière est plus douce et tu trouves une table sans réserver trois jours avant. En hiver, le quartier redevient très local, avec une partie des restaurants fermés mais un calme qu’on ne retrouve jamais en août.
Évite aussi la quinzaine du Festival en mai si tu veux dîner au Suquet sans réservation. Les restaurants du haut sont pris d’assaut par les équipes de tournage et les invités.
Comment y aller et organiser ta journée
Le Suquet est à quelques minutes à pied du Vieux-Port et du Palais des Festivals et ses marches. Il suffit de traverser les allées de la Liberté et d’attaquer la montée.
En voiture, oublie le haut du quartier : les rues sont étroites et réservées. Gare-toi dans un parking du centre, près du marché ou du port, et monte à pied.
Notre programme préféré tient en une journée. Le matin, marché Forville puis montée au Suquet avant la chaleur. Musée et tour en fin de matinée. L’après-midi, plage ou balade sur la Croisette et ses plages publiques. Et retour au Suquet pour le coucher du soleil et le dîner.
Si tu as un jour de plus, prends la navette depuis le port pour les îles de Lérins, d’où venaient les moines. Après avoir vu leur tour au Suquet, découvrir leur abbaye sur Saint-Honorat boucle l’histoire de façon assez satisfaisante.
Questions fréquentes
Comment monter au Suquet à Cannes ?
À pied, depuis le Vieux-Port ou les allées de la Liberté, par des rues pavées assez raides comme la rue Saint-Antoine. Compte une dizaine de minutes de montée. En voiture, gare-toi dans le centre, les rues du haut sont étroites.
Que voir au Suquet ?
L’église Notre-Dame-d’Espérance, le musée des Explorations du monde et sa tour médiévale avec vue sur toute la baie. Les ruelles de la rue Saint-Antoine et le marché Forville, au pied de la colline, valent aussi le détour.
Combien de marches pour monter à la tour du Suquet ?
Il faut gravir 109 marches pour atteindre le sommet de la tour, qui fait partie du musée des Explorations du monde. La tour accueille quinze personnes à la fois.
Quand ont lieu les Nuits musicales du Suquet ?
Ces concerts se tiennent chaque été sur le parvis de l’église Notre-Dame-d’Espérance. Les dates changent d’une année à l’autre, donc consulte le programme et réserve tôt.




